Qui succédera à Lucas di Grassi chez Lola-Yamaha Abt en Formula E ?

Lola-Yamaha Abt s’apprête à entrer dans une phase décisive de sa préparation à l’ère Gen4 en Formula E. Avec le départ à la retraite du champion 2016-17 Lucas di Grassi, l’équipe doit verrouiller rapidement l’identité de son remplaçant, idéalement avant le lancement intensif du programme d’essais.
En parallèle, Zane Maloney doit encore obtenir un nouvel accord pour rester. Le vainqueur en Formula 2 serait toutefois proche d’atteindre cet objectif.
Un duo à finaliser avant la montée en puissance des essais Gen4
Maloney n’a marqué que deux points en une saison et demie avec l’équipe. Mais ses performances sont jugées solides, surtout cette saison, et il a déjà contribué au programme de développement Gen4.
Le chantier est plus pressant encore depuis que Lucas di Grassi est engagé à se retirer de la compétition, libérant un second baquet à pourvoir.
Le directeur adjoint de l’équipe, Frederic Espinos, a fixé une priorité claire : décider du pilote avant le démarrage effectif de la période d’essais Gen4. Il insiste même sur un point pratique déterminant : la disponibilité du pilote pour enchaîner les journées de tests, dans un calendrier qui s’annonce serré.
Pourquoi Lola-Yamaha Abt penche vers un rookie
Avec le directeur d’équipe Mark Preston et les responsables techniques, Espinos dit avoir identifié depuis longtemps les profils suivis pour la Gen4.
L’équipe a également pris la température auprès de Mitch Evans plus tôt cette année. Une offre aurait été évoquée, mais le leader actuel du championnat a préféré un accord avec Stellantis via la marque Opel, dans le cadre d’une nouvelle licence et d’une structure dédiée.
Résultat : le vivier se resserre autour d’un petit groupe de pilotes… tous des rookies, et tous récents vainqueurs de course en Formula 2 : Robert Shwartzman, Richard Verschoor et Victor Martins.
Espinos résume la logique de manière très directe : soit recruter un pilote déjà issu de l’écosystème existant, soit miser sur un rookie. Pour lui, l’arrivée de la Gen4 rend ce pari plus pertinent : si un moment se prête à l’intégration d’un nouveau profil, c’est bien le début d’un nouveau cycle réglementaire.
Calendrier : des essais relancés et un besoin de stabilité
Les essais doivent reprendre de manière plus soutenue ce mois-ci, avec plusieurs journées déjà planifiées. Lucas di Grassi continuera d’apporter son expérience au développement global, tandis que Zane Maloney serait également prévu au volant lors de certaines séances.
Les premiers roulages de la voiture de développement Gen4 n’ont pas été simples, mais les journées les plus récentes auraient apporté des avancées. Dans ce contexte, disposer des pilotes définitifs pour la saison prochaine devient un objectif central au fil de l’été.
L’équipe est en plus engagée dans une phase de restructuration depuis l’annonce, en janvier, de la séparation Lola/Abt. Cela impose de répartir finement les ressources d’ingénierie.
Espinos insiste sur un principe : les pilotes qui courront doivent avoir déjà accumulé les sessions de tests. L’idée est d’obtenir des retours de référence, de progresser avec eux et de construire la voiture autour de leurs besoins — plutôt que de les voir arriver tard, découvrir l’ensemble et perdre un temps précieux. L’équipe espère connaître son line-up en juin.
Les trois candidats encore en lice
Le favori : Robert Shwartzman
Shwartzman n’a plus piloté depuis que l’équipe Prema en IndyCar a, en janvier, cessé ses activités. Depuis, il a été aperçu dans plusieurs paddocks, dont celui de la Formula E, en cherchant à construire un programme pour 2027 et à relancer sa trajectoire.
Il aurait enchaîné plusieurs rendez-vous durant le week-end de l’E-Prix de Berlin le mois dernier, dont un avec Lola-Yamaha Abt. Rien ne serait signé à ce stade, mais une offre ferme aurait été formulée, et Shwartzman est présenté comme le candidat le plus solide pour rejoindre Maloney lors de la première saison Gen4, dont le lancement est pressenti en décembre.
Le choix intrigant : Victor Martins
Martins intrigue notamment parce qu’il a déjà été affilié à Nissan dans un rôle de test. Il a roulé pour l’équipe lors du test rookies officiel à Jarama en mars, qui constituait sa troisième sortie avec Nissan.
Des rumeurs de paddock évoquent depuis longtemps une option que Nissan pourrait détenir pour la saison prochaine. Martins est très apprécié par certains membres de la structure et pourrait devenir un équipier potentiel d’Oliver Rowland.
Norman Nato, bien qu’ayant montré de la vitesse et obtenu une solide cinquième place lors du second E-Prix de Berlin en mai, n’est lié que par un contrat d’un an. Il reste cependant un élément utile du programme de développement Gen4, ce qui pourrait lui permettre de poursuivre une troisième saison consécutive.
En parallèle, Martins dispute cette saison le Championnat du monde d’endurance au sein de l’équipe Alpine, en partageant une voiture avec Jules Gounon et Frederic Makowiecki. Mais Alpine a fait part de son intention de mettre fin à son programme WEC en février prochain, ce qui rendrait Martins pleinement disponible pour 2027.
L’outsider : Richard Verschoor
Verschoor a testé avec Lola à Jarama en mars et aurait fait bonne impression. Malgré cela, il ne disposerait que d’une chance plus limitée d’obtenir un volant de course l’an prochain.
Cette situation serait liée à des incompatibilités de calendrier avec ses engagements en tant que pilote de développement McLaren : il doit participer aux essais du programme WEC de McLaren, tout en courant cette saison en European Le Mans Series avec l’équipe Duqueine en LMP2.
Conclusion
Lola-Yamaha Abt veut sécuriser rapidement ses pilotes pour attaquer la Gen4 avec une base de travail stable, en maximisant les essais et la continuité technique. Entre la recherche de disponibilité immédiate et le pari assumé d’un rookie, la décision à venir pourrait façonner la trajectoire de l’équipe dès les premières courses du nouveau cycle. La Gen4 approche, et avec elle, une nouvelle page à écrire sur la grille Formula E.
Foire aux Questions
Pourquoi Lola-Yamaha Abt doit-elle choisir son pilote si tôt pour la Gen4 ?
Parce que l’équipe veut que les pilotes qui disputeront les courses aient déjà participé aux sessions d’essais Gen4. L’objectif est d’obtenir des retours techniques cohérents, d’accélérer le développement et d’éviter une arrivée tardive qui ferait perdre du temps.
Pourquoi l’équipe envisage-t-elle plutôt un rookie qu’un pilote déjà établi ?
Selon Frederic Espinos, le début d’un nouveau cycle réglementaire (Gen4) est un moment propice pour intégrer un rookie. Le raisonnement est qu’un nouveau cadre technique remet davantage les compteurs à zéro, ce qui peut faciliter l’adaptation et la construction d’un projet sur la durée.
Quels sont les trois profils suivis pour remplacer Lucas di Grassi ?
Les pilotes cités dans le vivier final sont Robert Shwartzman, Victor Martins et Richard Verschoor. Ils ont en commun d’être rookies en Formula E et d’avoir récemment gagné en Formula 2.
Quel est le statut de Zane Maloney dans ce dossier ?
Zane Maloney doit encore conclure un nouvel accord pour rester. Il serait proche d’y parvenir. Malgré seulement deux points inscrits en une saison et demie, ses performances sont jugées solides et il contribue déjà au programme de développement Gen4.
Pourquoi Richard Verschoor est-il considéré comme un outsider ?
Bien qu’il ait impressionné lors d’un test à Jarama, ses engagements parallèles — développement McLaren et saison en European Le Mans Series en LMP2 — pourraient compliquer sa disponibilité, un point jugé crucial pour enchaîner les essais Gen4.
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